Émotions
Confiance, estime de soi, fierté : démêler les concepts
Confiance en situation, estime globale, fierté ponctuelle, auto-compassion : la psychologie distingue ces piliers que la culture confond souvent.

On utilise « confiance en soi » comme un mot-valise pour parler de quatre choses différentes que la psychologie a distinguées depuis longtemps. Cette confusion fait qu'on cherche au mauvais endroit ce qu'on essaie de construire.
La confiance dont parle Albert Bandura, qui a posé le cadre dans les années 1970, n'est pas un trait général. C'est une auto-efficacité, c'est-à-dire la croyance que tu peux réussir une tâche précise. Tu peux avoir une auto-efficacité élevée pour piloter une réunion et faible pour cuisiner un plat compliqué. Ce n'est pas un niveau personnel, c'est une cartographie par domaine.
L'estime de soi est différente. C'est ton évaluation globale de ta propre valeur en tant que personne. Le chercheur Morris Rosenberg a construit dans les années 1960 l'échelle qui sert encore aujourd'hui de référence pour la mesurer. Elle est plus diffuse que l'auto-efficacité et plus stable dans le temps.
La fierté est une émotion, plus précisément ce que les chercheurs appellent une émotion auto-consciente. Elle apparaît quand tu réalises un accomplissement que tu peux relier à toi. Elle est brève par nature, et elle ne se confond ni avec l'estime ni avec la confiance.
Plus récemment, la chercheuse Kristin Neff a proposé l'auto-compassion comme une alternative complémentaire à l'estime. Elle ne mesure pas ce que tu vaux, elle mesure la qualité du rapport que tu entretiens avec toi-même. Tu peux avoir une estime moyenne et une auto-compassion élevée, et tu vivras mieux qu'avec l'inverse.
Distinguer ces quatre choses change ce que tu construis. Travailler une confiance domaine par domaine n'a pas le même chemin que travailler une estime globale. Et l'auto-compassion offre un terrain plus stable que les deux quand la situation se dégrade.
Quatre piliers, quatre leviers distincts.